
Il était une fois une princesse, aussi singulière que plurielle. Elle vivait dans un royaume peuplé de gens comme elle, scintillants et joyeux, et pourtant il lui arrivait de s’y ennuyer.
Par un matin de printemps ensoleillé (mais encore pluvieux des eaux de mai), elle rencontra un zébulon ménestrel qu’elle implora de la faire chanter. Le troubadour ne se fit pas prier plus d’une minute trente-six et ils ouvrirent ensemble la porte à leurs cordes vocales, vibrées et pinçantes.
Alors, toujours insatiable et craignant que l’ennui ne la gagne à nouveau, la princesse se mit en tête de retrouver la trace d’un voyageur tribal qu’elle avait connu bien des années auparavant et dont la beauté de l’âme l’avait naguère envoûtée. Il était parti se réfugier sur une île lointaine pour y faire retentir ses timbales, avec pour mission de ramener les navigateurs en perdition en leur envoyant des signaux sonores au moyen de ses peaux frappées (les phares étant à cette époque tombés en désuétude).
La rencontre de ces trois êtres fut étincelante et, de leur union passionnelle, naquit GUNGACELLO, monstre adorable et facétieux, pourvu de six bras, dix cordes, trois fûts de chêne, quelques disques de cuivre et autres objets au cliquetis espiègle.
Depuis, GUNGACELLO, habité par les mots et la musique du Corcovado, poursuit sa quête infinie d’un Brésil imaginaire.
Yska Benzakoun — voix & violoncelle Éric Amrofel — guitare David Georgelet — batterie