Jazz à Orléans · MÉMOIRE
Retrouvé aux archives municipales : le récit des dix premiers festivals
Septembre 2026 · Jazz à Orléans
Vous souvenez-vous d’avoir vu Ray Charles ou B.B. King à quelques mètres de chez vous ? D’avoir applaudi Herbie Hancock, Wayne Shorter ou James Brown au parc des expositions, un soir d’été orléanais ? En consultant les archives de la ville d’Orléans et un article de La République du Centre, nous avons remonté le fil des dix premières éditions du festival de jazz d’Orléans — une décennie que beaucoup d’entre vous ont vécue, et que nous voulons aujourd’hui vous aider à retrouver.
Tout commence en 1990 sous le nom de Juin Juillet Jazz : quelques jeudis de concerts, une scène adossée aux arcades ouest, et déjà des milliers de spectateurs autour de Johnny Griffin.

Dès 1991, le festival change d’échelle et de nom — Michel Petrucciani, Herbie Hancock, Toots Thielemans, Myriam Makeba ou Dizzy Gillespie se produisent devant l’Institut d’arts visuels, sous des velums suspendus au-dessus du public. 12 000 spectateurs, un chiffre qui ne va plus cesser de grimper.

En 1992, la manifestation prend le nom d’Orléans’ Jazz. Chick Corea, Gilberto Gil, Dee Dee Bridgewater et Mc Coy Tyner Big Band réunissent 13 000 personnes.

L’année suivante, Carlos Santana, Wynton Marsalis et Tito Puente font passer la barre à 17 800 spectateurs — et un festival off apparaît en ville, porté notamment par le Dixieland de Roland Merle et Zig Zazz.

1994 confirme la tendance avec Al Jarreau, Pat Metheny et Gonzalo Rubalcaba, aux côtés de Wynton Marsalis.

23 000
Spectateurs en 1995, un record pour la décennie
10
Éditions entre 1990 et 1999
1
Ville transformée en rendez-vous du jazz mondial
1995 marque l’apogée en termes de fréquentation : Ray Charles, Keith Jarrett, Chick Corea et les Blues Brothers attirent 23 000 spectateurs. Isabelle Gamsohn, alors directrice artistique, résume l’esprit du festival de ces années-là.

« Le festival est populaire et c’est une des recettes du succès. »
Isabelle Gamsohn — directrice artistique, 1995
1996 réunit George Benson, Oscar Peterson et Kassav.

1997 réunit Bobby Mc Ferrin, Michel Portal et Earth Wind and Fire.

1998 réunit Buddy Guy, Carla Bley et Maceo Parker.

La décennie se referme en 1999 avec James Brown, Abbey Lincoln, Elvin Jones et Charlie Haden — un festival qu’Armand Meignan voulait accessible à tous, loin d’un rendez-vous réservé aux initiés.

Cette première traversée de la décennie ne retient que quelques têtes d’affiche par édition — celles que les archives ont mises en photo. Mais chaque programmation comptait dix, quinze, parfois vingt noms : Al Di Meola, Martial Solal, Manu Dibango, Louis Sclavis, Michele Hendricks et tant d’autres qui n’apparaissent pas encore ici. Au fil de notre travail de recherche, nous reviendrons sur chaque édition avec un article dédié, année par année, pour redonner leur place à tous ceux qui ont fait vivre ces scènes.
Ces dix premières années ne vivent aujourd’hui que dans les journaux, les affiches et surtout dans vos souvenirs. Jazz à Orléans lance un travail de collecte et de valorisation de la mémoire du jazz orléanais : billets, affiches, photos, programmes, anecdotes de concert. Chaque document, chaque souvenir raconté vient compléter le récit de cette scène qui vous a fait vibrer.
Ce travail démarre publiquement le 20 septembre, à l’occasion des Journées du patrimoine, lors d’une porte ouverte au studio du Sud-Est. Vous avez gardé un ticket, une photo, une affiche, un souvenir précis d’un de ces concerts ? Venez nous le raconter — c’est avec vos souvenirs que s’écrit cette mémoire collective.
Portes ouvertes patrimoine · 20 septembre · Studio du Sud-Est
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