Jazz à Orléans · Musiciens

Rue des Lombards : là où le jazz parisien se joue encore chaque soir

Une rencontre avec David Sauzay devant le Sunset-Sunside, au cœur d’une rue devenue emblématique du jazz à Paris.

Septembre 2026 · René Séon

Un lundi soir, rue des Lombards. Devant le Sunset-Sunside, le saxophoniste David Sauzay nous rappelle une évidence que tout musicien finit par vérifier : le jazz ne s’apprend pas seulement en cours. Il se transmet aussi sur scène, dans les clubs et dans les jam sessions.

Cette rencontre, nous l’avons filmée. Quelques minutes, quelques phrases simples, et une question qui dépasse largement le trottoir où nous nous tenions : pourquoi cette petite rue de Paris est-elle devenue, pour beaucoup, la « rue du jazz » ?

Écoutez David Sauzay

Rencontré rue des Lombards devant le Sunset-Sunside, le saxophoniste revient en quelques minutes sur ce que les jam sessions apportent à l’apprentissage du jazz.

David Sauzay devant le Sunset-Sunside, rue des Lombards, Paris.

 

Naissance d’une rue du jazz

Quelques dizaines de mètres seulement, au cœur du quartier des Halles, et trois noms familiers de tous ceux qui fréquentent le jazz parisien : le Duc des Lombards, le Baiser Salé et le Sunset-Sunside.

Cette concentration n’est pas le fruit d’un projet d’aménagement culturel. Elle s’est constituée peu à peu, au début des années 1980, club après club. Stéphane Portet, qui dirige aujourd’hui le Sunset-Sunside, décrit cette proximité comme celle d’un petit village gaulois très privilégié : des lieux voisins, des musiciens qui circulent de l’un à l’autre, un public qui connaît le chemin.

Le Sunset-Sunside : deux clubs en un

Le Sunset est le premier à s’installer dans la rue, en 1983, à l’initiative de Michèle et Jean-Marc Portet. Il prend place dans une cave voûtée, dont l’acoustique et l’intimité font vite la réputation. Au fil des décennies, on y a entendu des musiciens français et internationaux comme Didier Lockwood, Aldo Romano, Henri Texier, Martial Solal, Brad Mehldau ou Kurt Elling.

En 2001, le restaurant du rez-de-chaussée laisse la place à une seconde salle, le Sunside. Une même adresse abrite désormais deux scènes, avec le souhait d’accueillir plusieurs esthétiques du jazz. C’est devant ce club que nous avons rencontré David Sauzay.

Le Baiser Salé et le Duc des Lombards

Au 58 de la rue, le Baiser Salé ouvre à son tour dans les années 1980. D’abord pensé comme un café-concert, il s’est imposé comme un lieu ouvert aux musiques métissées et au jazz de création, avec des influences venues des Antilles, d’Afrique ou d’Amérique latine.

Au numéro 42, à l’angle du boulevard de Sébastopol, le Duc des Lombards ouvre en 1984. D’abord petit établissement de quartier, il s’est développé comme club de jazz jusqu’à devenir l’une des grandes adresses de la capitale.

Trois clubs, trois identités, et un point commun : la proximité entre les musiciens et le public.

La jam, un lieu de transmission

C’est précisément ce que rappelle David Sauzay. Pour un musicien, la jam n’est pas seulement un concert improvisé. C’est un lieu où l’on apprend à connaître les standards, à écouter les autres, à entrer dans une forme sans hésiter, à accompagner un soliste, à prendre sa place puis à la laisser.

Une grande partie de ce qui constitue le langage du jazz s’acquiert ainsi : en jouant avec d’autres musiciens, devant un public, avec le risque de se tromper et la possibilité de recommencer.

 

Une rue comme un écosystème

Ce qui rend la rue des Lombards intéressante dépasse l’histoire de trois clubs. Sur quelques dizaines de mètres coexistent des scènes, des musiciens professionnels, de jeunes artistes, des jam sessions et un public venu écouter du jazz.

Le jazz a besoin de ces lieux : des endroits où l’on peut entendre les musiciens, mais aussi où ils peuvent se rencontrer, jouer ensemble, essayer, se tromper et recommencer. C’est peut-être la leçon de cette rue : pour rester vivante, une musique doit disposer d’endroits où elle peut se pratiquer et se transmettre.

Le jazz est une langue ; pour rester vivante, elle doit se parler.

Jazz à Orléans

C’est le sens de ce que nous construisons à Orléans : des lieux et des rendez-vous où l’on joue ensemble, comme la jam session mensuelle à La Ruche en Scène. Vous jouez, vous débutez ou vous voulez simplement écouter : l’agenda indique les prochaines dates.

Voir l’agenda des jams →

Concerts, jams et rendez-vous du jazz à Orléans.

Soutenir Jazz à Orléans

JAO est une association loi 1901 fondée en janvier 2026. Elle fonctionne sur la cotisation de ses membres et le soutien de ses partenaires. Chaque adhésion contribue directement à la rémunération des musiciens lors des jams et à la production des événements. Découvrir comment nous soutenir →