Jazz à Orléans · MÉMOIRE

1990-1999 : dix ans qui ont fait d’Orléans une capitale du jazz

Retrouvé aux archives municipales : le récit des dix premiers festivals

Septembre 2026 · Jazz à Orléans

Vous souvenez-vous d’avoir vu Ray Charles ou B.B. King à quelques mètres de chez vous ? D’avoir applaudi Herbie Hancock, Wayne Shorter ou James Brown au parc des expositions, un soir d’été orléanais ? En consultant les archives de la ville d’Orléans et un article de La République du Centre, nous avons remonté le fil des dix premières éditions du festival de jazz d’Orléans — une décennie que beaucoup d’entre vous ont vécue, et que nous voulons aujourd’hui vous aider à retrouver.

De la fête de quartier aux monstres sacrés

Tout commence en 1990 sous le nom de Juin Juillet Jazz : quelques jeudis de concerts, une scène adossée aux arcades ouest, et déjà des milliers de spectateurs autour de Johnny Griffin.

Johnny Griffin, tête d'affiche du festival en 1990
Johnny Griffin, tête d’affiche 1990

Dès 1991, le festival change d’échelle et de nom — Michel Petrucciani, Herbie Hancock, Toots Thielemans, Myriam Makeba ou Dizzy Gillespie se produisent devant l’Institut d’arts visuels, sous des velums suspendus au-dessus du public. 12 000 spectateurs, un chiffre qui ne va plus cesser de grimper.

Michel Petrucciani, tête d'affiche du festival en 1991
Michel Petrucciani, tête d’affiche 1991

En 1992, la manifestation prend le nom d’Orléans’ Jazz. Chick Corea, Gilberto Gil, Dee Dee Bridgewater et Mc Coy Tyner Big Band réunissent 13 000 personnes.

Dee Dee Bridgewater, tête d'affiche du festival en 1992
Dee Dee Bridgewater, tête d’affiche 1992

L’année suivante, Carlos Santana, Wynton Marsalis et Tito Puente font passer la barre à 17 800 spectateurs — et un festival off apparaît en ville, porté notamment par le Dixieland de Roland Merle et Zig Zazz.

Carlos Santana, tête d'affiche du festival en 1993
Carlos Santana, tête d’affiche 1993

1994 confirme la tendance avec Al Jarreau, Pat Metheny et Gonzalo Rubalcaba, aux côtés de Wynton Marsalis.

Wynton Marsalis, tête d'affiche du festival en 1994
Wynton Marsalis, tête d’affiche 1994

23 000

Spectateurs en 1995, un record pour la décennie

10

Éditions entre 1990 et 1999

1

Ville transformée en rendez-vous du jazz mondial

Les années de tous les records

1995 marque l’apogée en termes de fréquentation : Ray Charles, Keith Jarrett, Chick Corea et les Blues Brothers attirent 23 000 spectateurs. Isabelle Gamsohn, alors directrice artistique, résume l’esprit du festival de ces années-là.

Ray Charles, tête d'affiche du festival en 1995
Ray Charles, tête d’affiche 1995

« Le festival est populaire et c’est une des recettes du succès. »

Isabelle Gamsohn — directrice artistique, 1995

1996 réunit George Benson, Oscar Peterson et Kassav.

George Benson, tête d'affiche du festival en 1996
George Benson, tête d’affiche 1996

1997 réunit Bobby Mc Ferrin, Michel Portal et Earth Wind and Fire.

Bobby McFerrin, tête d'affiche du festival en 1997
Bobby McFerrin, tête d’affiche 1997

1998 réunit Buddy Guy, Carla Bley et Maceo Parker.

Carla Bley, tête d'affiche du festival en 1998
Carla Bley, tête d’affiche 1998

La décennie se referme en 1999 avec James Brown, Abbey Lincoln, Elvin Jones et Charlie Haden — un festival qu’Armand Meignan voulait accessible à tous, loin d’un rendez-vous réservé aux initiés.

James Brown, tête d'affiche du festival en 1999
James Brown, tête d’affiche 1999

Cette première traversée de la décennie ne retient que quelques têtes d’affiche par édition — celles que les archives ont mises en photo. Mais chaque programmation comptait dix, quinze, parfois vingt noms : Al Di Meola, Martial Solal, Manu Dibango, Louis Sclavis, Michele Hendricks et tant d’autres qui n’apparaissent pas encore ici. Au fil de notre travail de recherche, nous reviendrons sur chaque édition avec un article dédié, année par année, pour redonner leur place à tous ceux qui ont fait vivre ces scènes.

 

Un travail de mémoire commence

Ces dix premières années ne vivent aujourd’hui que dans les journaux, les affiches et surtout dans vos souvenirs. Jazz à Orléans lance un travail de collecte et de valorisation de la mémoire du jazz orléanais : billets, affiches, photos, programmes, anecdotes de concert. Chaque document, chaque souvenir raconté vient compléter le récit de cette scène qui vous a fait vibrer.

Ce travail démarre publiquement le 20 septembre, à l’occasion des Journées du patrimoine, lors d’une porte ouverte au studio du Sud-Est. Vous avez gardé un ticket, une photo, une affiche, un souvenir précis d’un de ces concerts ? Venez nous le raconter — c’est avec vos souvenirs que s’écrit cette mémoire collective.

Voir l’agenda JAO →

Portes ouvertes patrimoine · 20 septembre · Studio du Sud-Est

Soutenir Jazz à Orléans

JAO est une association loi 1901 fondée en janvier 2026. Elle fonctionne sur la cotisation de ses membres et le soutien de ses partenaires. Chaque adhésion contribue directement à la rémunération des musiciens lors des jams et à la production des événements. Découvrir comment nous soutenir →